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étonnant que l'on puisse dire de
quelqu'un que l'on désire
que l'on "aime le voir partir"
Et ces jeux de lumière qui caressent la peau de BB. Et nos doigts qui s'y promènent également. Symboliquement.

Et puis, le film se déroule. Et l'on repense à cette scène. A ces fesses. Et ce mépris qui submerge la jeune femme. Et l'on veut voir dans cette scène d'ouverture quelque chose d'un indice d'une femme qui part. Qui tourne le dos. Les fesses.

Surprenant que Godard ne cacha rien du corps de la belle. Et ne montra pas ses seins, que l'on sait superbes. Et si Camille, la jeune femme, ne s'offrait pas, mais partait. Etonnant que l'on puisse, en souriant, dire de quelqu'un que l'on désire que l'on "aime le voir partir".

Symboles et paradoxes. Quand une femme vous tourne le dos en s'offrant. Etrange, non ?

On sait que Godard n'a tourné cette scène qu'à la requête du producteur américain, qui voulait voir BB nue pour les besoins commerciaux du film. Et que cette scène est devenue mythique de l'histoire du cinéma. Drôle de façon de baisser son froc... ou de tourner le dos.
Le sexe est-il quelque chose de si mystérieux, de si magique, qu'il nécessite, à chaque instant, à chaque époque,  de recourir à des symboles ? Bardot, la blondeur, la poitrine ferme et rebondie, les hanches juste assez larges, la peau de pêche : une époque, un sex-symbol.

Et ce symbole est là, nu, offert à notre regard : "tu vois mon derrière dans la glace ?". Et elle d'énumérer toutes les parties de son corps-symbole, comme autant de cadeaux à son homme. "Tu les aimes mes fesses ?" comme si lui pouvait ne pas les aimer, ses fesses désirées par toute une génération d'hommes.
LE MEPRIS
Film français de Jean-Luc Godard (1963)
avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli


Paul Javal, scénariste, et sa jeune femme semblent former un couple uni. Un incident apparemment anodin avec un producteur va conduire la jeune femme à mépriser profondément son mari.

L'Oeil Erotique

Et si on regardait l'Art avec un esprit mal tourné ?
MAGAZINE - n°1 mai 2010
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