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ARTE VIDEO réédite une partie de l'oeuvre de Joseph W. Sarno en DVD

Pour retrouver cette collection, visitez QULTE, la librairie érotique

Vous pouvez aussi télécharger les films en Pay per View sur

« Je me concentre sur l'orgasme féminin autant que je peux...les femmes ont plus d'imagination que les hommes !  »
Joe Sarno
MAGAZINE - n°2 juin 2010
Mais, déjà, Sarno apporte sa touche personnelle. Car l'homme est loin des clichés machistes véhiculés par le porno. Fasciné par les amours lesbiennes, admiratif de la puissance du désir érotique, il semble voué un culte au cunnilingus et à la position dite de l'amazone.

A la recherche de l'érotique perdu.

Ce qu'invente Sarno, en particulier dans la première moitié des années 1970, époque durant laquelle il commence à alterner productions softs et hardcores, c'est une véritable esthétique d'Eros. Et c'est là que les choses deviennent passionnantes.
Car s'il est admis que l'humour (ou le comique) est une esthétique, qu'il est convenable de faire de l'art en faisant rire, il est moins reconnu que l'on puisse faire oeuvre de création en faisant bander (ou mouiller).

Premier film de type "sexuellement explicite", Sleepy Head (1973), s'il respecte les conventions du porno, est loin des automatismes du genre, et des passages obligés de l'industrie du sexe filmé d'aujourd'hui . La séquence éculée (sans jeu de mots) fellation, (cunnilingus), coït vaginal, coït anal, éjac faciale n'a ici pas cours. Comble de l'interdit pornographique, un homme continue à lécher le sexe de sa partenaire après avoir joui ! Quelle honte !

C'est aussi la période des grands classiques softs. Sarno propose un autre regard sur le désir, la jouissance, le sexe, à travers des films qui sont aujourd'hui reconnus comme des oeuvres d'auteur. Daddy Darling, l'histoire d'une jeune fille éprise de son père, et qui assouvit sa jalousie à l'égard des femmes qu'il cotoie à travers les passions saphiques qu'elle suscite ou encore Abigail Leslie is back in Town (voir encadré) donnent à voir une approche authentiquement artistique de l'érotisme.

Par la suite, Sarno multipliera les productions pornographiques explicites. Mais cela est une autre histoire...
  
Hommage à Joe Sarno

Joseph W. Sarno s'est éteint le 27 avril dernier. Figure de la sexploitation, le cinéaste américain revendiquait la paternité d'une centaine de films, du porno soft au cinéma "sexuellement explicite".
Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...
Car Joe Sarno est un pionnier. C'est dès 1961 qu'il tourne son premier film pour adultes. Formé comme beaucoup de cinéastes américains de l'époque (Russ Meyer notamment) par le journalisme militaire de l'US Army, le réalisateur, qui a alors 40 ans, ne se pose pas d'autres questions que de savoir s'il ne va pas avoir de problèmes avec la justice.

Spécialisé dans le softcore, il enchaîne les tournages. Des films comme Sin in the Suburbs (1964) Flesh and Lace, The Bed and How to Make It et Moonlighting Wives (1966) le font très vite remarquer par les amateurs et professionnels du genre. Le style sexploitation se caractérise alors par l'éclairage clair-obscur (grands contrastes entre la clarté et la pénombre), une mise en scène rigoureuse et de longs plans séquences.
ABIGAIL LESLIE IS BACK IN TOWN

Abigail Leslie, une jeune femme superbe et libérée, revient après deux ans d'absence à Bay Point, aux Etats-Unis. On apprend qu'elle avait quitté la petite localité après avoir été surprise par sa meilleure amie dans les bras de son mari. Dès lors, la rumeur gronde contre cette femme aux moeurs et à la cuisse légères.

A ce stade, on imagine bien un film narrant la difficulté à assumer ses désirs sexuels dans une petite ville provinciale, coincée entre le désir des hommes et la jalousie des femmes.
Mais Sarno ne tombe pas dans ce pathos là. Car Abigail gagne. C'est elle qui pervertit un à un les membres masculins et féminins de la petite communauté, entraînant toute la ville dans la débauche.

Jusqu'à la belle Priscilla, la victime du cocufiage, qui, vaincue, se rend chez Abigail, non pas pour lui demander de quitter Bay Point, mais pour lui demander de lui apprendre la jouissance.

Coeur de l'intrigue, la relation entre les deux femmes, la romantique conventionnelle et la libertine sensuelle, se tend autour d'une complexité des sentiments et des désirs qui font du film, à notre sens, un exemple de ce que l'érotisme porte, artistiquement parlant.
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