LE SHUNGA
Au cours de l'ère Edo, alors que se développent sur l'archipel des méthodes de reproduction de plus en plus pointues, le mouvement ukiyo-e produit quantité d'estampes aux thèmes divers et variés.
Parmi ces thèmes, la sexualité va vite devenir l'un des plus prisés et le plus rémunérateur pour les artistes. Avec pour influences l'art érotique chinois et l'illustration médicale, les artistes du shunga tracent des traits qui dessinent des corps aux parties génitales démesurées.
Quand l'occidental ne perçoit pas la description psychologique que constituent les traits du visage, il a d'autant plus de difficultés à lire dans les sexes des personnages la révélation de leur nature et de leur motivation profondes et intimes.
Quoi qu'il en soit, les intellos européens vont se prendre de passion pour les grands maîtres du shunga parmi lesquels Hokusai, bien sûr, l'auteur de la fameuse Vague (Le rêve de la femme du pêcheur, une femme aux prises avec les tentacules d'une pieuvre), Utamaro, le spécialiste des portraits de femmes, Harunobu,... autant d'artistes qui ne se sont pas cantonnés à la seule estampe érotique.
Le shunga, aux yeux occidentaux, permet toutes les représentations érotiques : hétérosexualité, homosexualité masculine et féminine, gérontophilie, et même zoophilie. Un porno BCBG et cultivé qui, dit-on, deviendra un moyen de draguer la bobo en goguette... mais c'est une autre histoire.