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l'Amérique puritaine découvre horrifiée
qu'elle a un sexe
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de Russ Meyer sur QULTE

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Alors que la très fameuse série des Vixens reste très inégale, les meilleurs Russ Meyer révèlent bien d’autres obsessions et thèmes que le pourtant central et sacro-saint nichon : la révolte des femmes dans une Amérique pudibonde, le pacifisme (souvenir de ses années en Europe) à travers la question du Vietnam, la ségrégation raciale, le cinéaste est partie-prenante de la contre-culture qui va faire trembler sur ses bases la société occidentale.

Au moment où le nu devient monnaie courante dans le cinéma classique - conséquence heureuse des mouvements sociaux et culturels de 68 - Meyer persiste, dans ses contes philosophiques improbables, dans ses histoires tellement loufoques qu’elles semblent improvisées, à incarner dans la poitrine de ses héroïnes une révolte contre l’amoralité d’une société qui veut priver ses rejetons des plaisirs de la chair pour mieux les envoyer se faire tuer dans quelques rizières ou déserts du globe.

Meyer prône une autre forme d’opulence que la société de consommation chère à l‘Amérique des années 70. La révolution du nichon est en marche.
S'en suit pour Russ Meyer une décennie faste : auto-produisant ses films, il se laisse aller à son inspiration, économiquement indépendant des grands circuits. Il signe deux de ses chefs-d'œuvre : Motorpsycho et Faster Pussycat ! Kill ! Kill ! qui resteront à la postérité comme ses deux plus grandes réussites.

Il faut dire à ce stade que Russ Meyer a toujours résisté aux sirènes d’une industrie porno pourtant florissante à la fin des années 1960. Car, si de prime abord ses films aux scénarios rocambolesques et parfois même ridicules, ne sont que des prétextes à montrer un peu plus de fesses et encore davantage de seins, ses meilleurs opus révèlent un grand talent de mise en scène, d’éclairage, au point que des réalisateurs actuels, tels que Tarantino, font de Faster Pussycat l’une des plus grandes oeuvres cinématographiques de tous les temps.
MAGAZINE - n°5 septembre 2010
C'est en revenant de la guerre, où il a participé, auprès des services journalistiques de l'US Army à la libération de l'Europe du joug nazi, que Russ Meyer se lance dans le cinéma, dans lequel il associe ses incontestables dons techniques avec son intérêt toujours renouvelé pour le sexe et la gente féminine.

C'est avec son premier long métrage The Immoral Mr Teas qu'il engrange les dollars et la notoriété susceptibles de le faire vivre de son art, en même temps qu'il invente un nouveau genre cinématographique, le "nudie", ancêtre balbutiant du film et du téléfilm érotiques. Nous sommes en 1959, le magazine Playboy (dont Eve Meyer, la femme de Russ, a fait la couverture) a 6 ans, et l'Amérique puritaine découvre horrifiée qu'elle a un sexe, et que la jeune génération a bien l'intention de s'en servir.
Russ Meyer et les gros nénés

En une filmographie riche de quelques dizaines de films et de kilos de nibards, le cinéaste californien Russ Meyer a su faire du mauvais goût une forme d'art qu'il a toujours assumée.
  
Nourri au biberon des comics américains et du strip-tease burlesque, Russ Meyer passe toujours - malgré une reconnaissance, tardive, des milieux cinéphiles - pour un cinéaste sans propos, sans autre horizon qu'un fétichisme exacerbé pour les poitrines fabuleuses de ses héroïnes nymphomanes et parfaitement déjantées.

Il est vrai que le jeune Russ Meyer a lu très vite Al Capp et fréquenté les shows déglingués de strip-teaseuses aux physiques plus qu'imparfaits, dont le volume des formes prévalait notoirement sur la finesse des traits. Ce qui a sans doute contribué à faire de Russ Meyer le cinéaste de l'exagération et du trop-plein, bien plus qu'un vulgaire obsédé de la mamelle.

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