Alors, bien sûr, il n'est pas rare d'entendre, au cours d'un gangbang, des mots salaces, voire franchement sexistes. Et ne pourrait-on pas imaginer que ces mots participent d'une mise en scène qui n'a pour but, au final, que l'inversion du stigmate, comme disent les philosophes ? La "salope" est l'instigatrice, la démiurge de l'univers érotique du gangbang. Elle en est celle par qui tout advient et par qui tout se finit. Plus de "salope", plus de gangbang et ces messieurs peuvent repartir la queue entre les jambes.
La femme est la reine du gangbang, au moins autant que son objet. Bien sûr, il y a réappropriation de l'imagerie dominante de la femme "qui ne se respecte pas". Bien sûr, il y a souvent une certaine forme d'humour, le plus souvent paillard. Mais ce qu'on peut dire, après avoir parlé avec différents protagonistes de gangbang, c'est que :
- d'une part, madame s'est sentie désirée et, par là même, toute-puissante
- et que, d'autre part, ces messieurs ressentent bien plus une forme d'admiration du courage - et parfois du talent - de la dame, de sa façon d'assumer ses désirs, qu'une quelconque forme de mépris.
De là à dire, qu'il y a une forme de féminisme dans la pratique de la pluralité masculine, il y a un pas, certes, mais pourquoi pas ?
* on a souvent confondu, plus qu'abusivement, la pratique du gangbang avec le viol dit en tournante, qui est au gangbang ce que le viol est à une pratique sexuelle classique librement consentie.