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Puis vient le scandale, l'aboutissement du réalisme de Courbet, la célèbre toile L'Origine du monde (à gauche). Le tableau peint en 1866 ose un cadrage troublant, gros plan sur les cuisses écartées d'une demoiselle, impudique mais sans visage. La commande de l'œuvre est attribuée à Khalil Bey, diplomate turc, ancien ambassadeur de l'Empire ottoman à Athènes et Saint-Pétersbourg, afin de compléter sa collection de peintures érotiques déjà constituée du "Bain Turc" d'Ingres et de la toile de Courbet précédemment citée "Le sommeil".

Le modèle serait Joanna Hiffernan, maîtresse du peintre américain James Whistler, ami de Courbet. La jeune femme apparait sur une autre toile du maitre, "La belle irlandaise". On notera que si elle est bien le modèle de " l'Origine du Monde", le peintre aura eu la vigilance de préserver son anonymat en masquant la toison rousse de la jeune femme pour la rendre, disons, plus passe-partout…
L'œuvre connut ensuite plusieurs propriétaires discrets, d'antiquaires en barons, jusqu'au psychanalyste Jacques Lacan dont la famille le céda après sa mort au Musée d'Orsay où il est exposé actuellement.

Alors ? Scandaleux ce sexe exhibé dont on devine à peine une lèvre sous l'épaisse toison ? Et bien oui, figurez-vous qu'encore dernièrement le célèbre tableau a été censuré par face-book, le profil d'un utilisateur danois l'ayant posté sur son mur a été tout simplement désactivé. Pourtant rien d'explicitement sexuel, juste la nudité crue…. bizarre, bizarre…. A l'heure où les scènes d'une violence froide se succèdent sur le petit écran à toute heure du jour ou de la nuit, Monsieur Gustave Courbet fait encore trembler les plus puritains avec ses images chocs. Effrayant.
Après 3 ans de travaux, le musée Courbet d'Ornans dans le Doubs a fait peau neuve et a réouvert au début du mois de juillet 2011. A cette occasion, toute la Franche-Comté célèbre son maître de la peinture réaliste avec plusieurs expositions-événements.

- Courbet / Clésinger, œuvres croisées, au Musée Courbet d'Ornans jusqu'au 2 octobre 2011
- Courbet contemporain au Musée des Beaux-arts de Dole jusqu'au 18 septembre et au Musée de l'Abbaye de St Claude jusqu'au 2 octobre
- Courbet méconnu: l’œuvre gravée, du réalisme à la caricature, au Musée Sarret de Grozon, à Arbois jusqu'au 25 septembre
- Courbet et le Jura, au Musée des Beaux-arts de Lons-le-Saunier jusqu'au 23 octobre.
D'autres toiles, sont, quant à elles, encore plus explicites sur le côté fripon qui les habite. Ainsi, la Femme aux bas blancs (ci-dessus) campe une pose des plus suggestives, dévoilant avec une fausse innocence son entrejambe dans sa tentative d'habillement et les deux amies du tableau "Le sommeil " affiche clairement une scène d'amour lesbien qui a d'ores et déjà fait l'objet d'un article de l'Oeil érotique dans nos pages le mois dernier.
dans les toiles de Courbet,
les femmes sont vraiment nues
MAGAZINE - n°16 août 2011
A cette époque, Courbet déplore la formation académique des arts, refusant de représenter les sujets mythologiques conventionnels. Il peindra ce qui l'entoure, souhaitant " traduire les mœurs, les idées, l'aspect de son époque". Ainsi, il représente les gens de son pays tels qu'ils sont dans "Un enterrement à Ornans", les scènes de chasse sans les sublimer et les poissons directement sortis du panier après une partie de pêche.

Son réalisme s'appliquera dès lors également à la représentation du nu. Courbet refuse l'hypocrisie ambiante qui ne tolérait l'érotisme que dans des scènes mythologiques ou oniriques. Lui, peint les femmes nues sans les idéaliser, leurs formes ne sont pas lissées, elles sont tantôt épaisses ou plus fines, leur peau est laiteuse, juvénile ou grasse, capitonnée, leur sexe et leurs aisselles sont velus…

Dans les toiles de Courbet, les femmes sont vraiment nues. Sa manière de peindre sans pudeur les fesses, les seins de ces dames est d'une sensualité désarmante, la chair est là. Dans "La femme dans les vagues", les seins pleins et tendus de la jeune femme appellent avec gourmandise à la palpation, voir à la succion…. On crève d'envie de rejoindre les Baigneuses (en bas) alanguies et d'embrasser leurs ventres souples…
Le réalisme fripon

Avec une actualité aussi chargée - du moins du côté de la Franche-Comté, avec la réouverture de son musée à Ornans (voir encadré) - impossible de ne pas présenter la face érotique de Gustave Courbet, peintre réaliste du 19ème siècle archi-connu, notamment pour la toile "L'Origine du monde".
Gustave Courbet nait au début du XIXème siècle, siècle qui verra se développer le mouvement réaliste dont il est un des chefs de file.
Durant la deuxième moitié du siècle, la prédominance du classicisme et du romantisme, laisse une voie alternative, celle du réalisme qui s'oppose à l'idée d'idéalisme s'intéressant particulièrement à des thèmes politiques et sociaux. Ce mouvement s'illustre dans la peinture mais également en littérature avec des auteurs comme Balzac, Champfleury et Duranty.
Les baigneuses, 1858
L'origine du monde, 1866
La femme aux bas blancs, 1861
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