Puis vient le scandale, l'aboutissement du réalisme de Courbet, la célèbre toile L'Origine du monde (à gauche). Le tableau peint en 1866 ose un cadrage troublant, gros plan sur les cuisses écartées d'une demoiselle, impudique mais sans visage. La commande de l'œuvre est attribuée à Khalil Bey, diplomate turc, ancien ambassadeur de l'Empire ottoman à Athènes et Saint-Pétersbourg, afin de compléter sa collection de peintures érotiques déjà constituée du "Bain Turc" d'Ingres et de la toile de Courbet précédemment citée "Le sommeil".
Le modèle serait Joanna Hiffernan, maîtresse du peintre américain James Whistler, ami de Courbet. La jeune femme apparait sur une autre toile du maitre, "La belle irlandaise". On notera que si elle est bien le modèle de " l'Origine du Monde", le peintre aura eu la vigilance de préserver son anonymat en masquant la toison rousse de la jeune femme pour la rendre, disons, plus passe-partout…
L'œuvre connut ensuite plusieurs propriétaires discrets, d'antiquaires en barons, jusqu'au psychanalyste Jacques Lacan dont la famille le céda après sa mort au Musée d'Orsay où il est exposé actuellement.
Alors ? Scandaleux ce sexe exhibé dont on devine à peine une lèvre sous l'épaisse toison ? Et bien oui, figurez-vous qu'encore dernièrement le célèbre tableau a été censuré par face-book, le profil d'un utilisateur danois l'ayant posté sur son mur a été tout simplement désactivé. Pourtant rien d'explicitement sexuel, juste la nudité crue…. bizarre, bizarre…. A l'heure où les scènes d'une violence froide se succèdent sur le petit écran à toute heure du jour ou de la nuit, Monsieur Gustave Courbet fait encore trembler les plus puritains avec ses images chocs. Effrayant.