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Femme piquée par un serpent
Auguste Clésinger
1847
Musée d'Orsay, Paris

Ah la bonne excuse ! "Aïe ! Je me suis fais mordre par un serpent alors que j'étais nue allongée au bord de l'eau. Du coup, je cambre mon corps magnifique mais torturé par la douleur, faisant pointer ma poitrine au ciel et tendant mon bassin offert à qui m'entendra hurler." La femme piquée par un serpent de Clésinger est une belle allumeuse, son corps de rêve est à couper le souffle et le venin qui circule dans ses veines est un véritable appel au vice.

Comment résister à l'envie de faire glisser ses mains sur la pierre lisse afin de bien saisir toute la technicité et la maitrise de l'artiste qui nous laisse la langue pendante devant tant de grâce ? Mais à qui donc était-il ce serpent ?
Les trois Grâces
Jean-Jacques Pradier
1831
Musée du Louvre, Paris

Etrangement contemporaines, les trois Grâces de Pradier prennent la pose comme trois copines. Nues et sans complexes, elles affichent une amitié troublante. De face comme de dos, leurs corps ne sont ni trop fins, nit trop charnus. Ce sont, comme on dit maintenant, des "girls next door", qui dans leur candide jeunesse se retrouvent à poser nues enlacées...

Si l'on imagine une seconde avoir le pouvoir de leur donner vie, peut-être seraient-elles capables, de se caresser, de s'enlacer plus encore, de s'embrasser, pour nous faire profiter de leurs charmes... Qui sait ?
Le rapt de Proserpine
le Bernin
1622
Musée Borghèse, Villa Borghèse, Rome

Ici, la prouesse reste un mystère. Comment le Bernin a-t-il réussi à restituer la souplesse de la peau de Proserpine et la juste pression des doigts de Pluton qui l'enlève ? La fermeté, voire une certaine violence, est rendue à la perfection. L'empreinte laissée par les doigts masculins marquant ainsi la chair renforce la sensualité, et donne une certaine bestialité à l'étreinte.

C'est dans ce détail que se situe toute l'originalité et toute la sensualité de l'œuvre qui, quand on la contemple dans son entier, n'est finalement qu'une énième scène mythologique.
Hermaphrodite endormi
Œuvre romaine d'époque impériale
(IIe siècle après J.-C.)
Musée du Louvre, Paris

La plus belle paire de fesses du Louvre. Quand on arrive par derrière, on se dit "Mais quel cul splendide ! " en pensant qu'il est féminin. La surprise n'en est que plus grande en faisant le tour de l'œuvre, de s'apercevoir qu'un sexe masculin, en érection de surcroît, nous nargue de sa virilité. Dans un second temps, on se plait à trouver ça beau, voire excitant, décalé...

Le jeune androgyne a dévoilé son anatomie sans pudeur dans la Rome antique et procure aujourd'hui encore un émoi doux-amer aux visiteurs surpris qui déambulent dans les couloirs du plus grand musée de France.
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L'extase de sainte Thérèse
Le Bernin
1647-52
Chapelle Cornaro, Santa Maria Della Vittoria, Rome

On aura tout dit sur cette sculpture. Le Bernin, au sommet de son talent, fait là une démonstration de sa maitrise du drapé et s'amuse, volontairement ou non, avec l'attitude de Ste Thérèse à qui ne semble pas déplaire l'idée d'être transpercée par l'ange... Son visage en émoi montre clairement un plaisir charnel non simulé, un comble pour une statue de pierre !

La jouissance de Ste Thérèse a créé bien des désaccords, mais qu'elle soit spirituelle, réellement sexuelle, voire sado-masochiste, dans un rapport de domination/soumission - Oh ! Oui ! mets-moi ta grosse flèche dans le cœur ! - le rendu de ce plaisir ne nous laisse pas de marbre....
Minéral, dur et froid par opposition au bois ou à la terre, le marbre est l'un des matériaux les plus rudes à travailler mais aussi un des plus appréciés des sculpteurs. Depuis l'antiquité, les artistes attaquent des blocs gigantesques de leurs outils tranchants pour faire émerger des courbes subtiles et des formes insoupçonnées. Savoir l'apprivoiser est rare et les instants de grâce qui découlent de la contemplation de ces œuvres sont tout aussi précieux.

Une irrésistible envie de toucher vous titille ? C'est normal. Le marbre a une capacité d'attirance phénoménale, il pique votre curiosité tactile. Comment des formes si belles et si parfaites ne prendraient-elles pas vie à la première caresse ? On sentirait presque la peau frémir en surface. La pierre capte la lumière, restituant une aura organique, souple et vivante. L'illusion est fascinante.
Marbre érotique

Faire naitre d'un bloc de pierre des formes si douces et si parfaites est, en soi, un art. Ajoutez à cela le talent et l'habileté des maitres de la sculpture, antique ou plus moderne, et vous découvrirez des miracles de sensualité.
MAGAZINE - n°21 janvier 2012
la librairie érotique
L'extase de Sainte-Thérèse - Le Bernin