Il n’y a pas que Milo Manara dans la vie. Dans l’histoire de la BD érotique européenne, plusieurs grands noms sortent du lot. Souvent flanqués de leurs héroïnes fétiches, les grands auteurs de la bande-dessinée érotique du XXème siècle ont des histoires à revendre.

Un auteur, une héroïne : les choses ne sont évidemment pas aussi simples que ça, mais il est pourtant vrai que les grands noms de la BD érotique européenne sont bien souvent associés à celui de leur(s) héroïne(s) récurrentes.

BD érotique et héroïnes féminines

Pour Manara, il y eut Miel (Le Parfum de l’Invisible) et bien sûr la troublante (et surtout troublée) Claudia Cristiani (Le Déclic). Mais chez les autres auteurs marquants de la BD pour adultes aussi, les héroïnes érotiques sont bien souvent symptomatiques du propos, des fantasmes et de l’esprit du « maître ».

Georges Pichard – les héroïnes tourmentées

Qu’il s’agisse de Paulette ou, plus tard, de Marie-Gabrielle, les héroïnes de Pichard, précurseur de la BD pour adultes en France, des femmes à la silhouette aussi sculpturales que celles de Robert Crumb, n’ont pas vraiment choisi de vivre des aventures érotiques.

BD érotique - Pichard

Malmenées dans des aventures où le grivois et l’absurde le disputent au sadomasochisme extrême – à peine atténué par le burlesque du trait – elles ne sont que les victimes d’hommes (et parfois de femmes) dont la perversité est, à ce jour, sans guère d’égale dans le monde de la BD érotique.

Alex Varenne – l’érotisme trouble et troublant

La plus marquante des héroïnes de Varenne, elle, vit entre rêve et réalité. Elle s’appelle Erma et c’est un canon. Sauf que, au fil des aventures oniriques de la belle, on s’aperçoit qu’Erma n’est pas forcément celle qu’on pensait.

BD érotique - Varenne

Et il en est ainsi de l’érotisme de Varenne : toujours entre deux eaux, toujours au cœur du trouble de la narration des fantasmes.

Jacobsen – le pornographe de la BD érotique

Chez Jacobsen, Jacques Lemonier de son vrai nom, le réalisme n’a aucune place, que ce soit sur le fond ou sur la forme. Dès sa première création, la Grenouille, en 1987, il se fait l’apôtre d’une BD porno, à la fois absurde et hardcore. Les , sont tellement poussés qu’on a peine à y croire

BD érotique - Jacobsen

D’où un certain humour, un certain décalage qui, pourtant, n’enlève rien à l’aspect érotique radical, tant des images que des histoires. Là encore, le côté déjanté d’un Robert Crumb a laissé sa trace.

Guido Crepax – les classiques érotiques

Emmanuelle, O, Justine : on connaît déjà les héroïnes des œuvres de cet autre précurseur, cette fois-ci transalpin, qui puise dans le répertoire littéraire classique (Sade, Sacher-Masoch) et plus contemporain (Arsan, Réage) des histoires là aussi empreintes d’un certain sadomasochisme.

BD érotique - Crepax

Mais le dessin se fait tantôt plus réaliste, tantôt plus cru et plus cruel. On y retrouve sans cesse l’esprit de la BD italienne, son trait à la fois sensible et efficace, dans ce qui est souvent bien plus qu’une simple illustration, ou une simple mise en images, des romans utilisés.

Erich Von Götha – l’éducation BDSM

Pour Janice, l’héroïne de Von Götha, les choses ne vont pas comme dans un rêve. Comme la plupart des figures féminines de l’auteur, la belle Janice subit une éducation sexuelle pour le moins perverse qui va l’entraîner dans les pires tourments, même si c’est pour son plaisir.

BD érotique - Von Götha

Car Von Götha n’est pas le genre à nous raconter des bluettes ou des contes de fées. Comme beaucoup d’auteurs de BD, il mêle avec perversité un érotisme parfois un peu vintage à un délire BDSM toujours très poussé et radical.