Gerhard Richter est un peintre allemand, connu depuis les années 80, dont l’œuvre, autant abstraite que figurative, relève d’une sorte d’expérience esthétique. Le centre Pompidou lui a consacré une importante exposition rétrospective en 2012.

On était jeunes, on étaient beaux. C’était à l’été 1966. On avait à peine 20 ans et tout nous souriait. Les plus beaux moments de ma vie…

On habitait dans un petit village du sud de la France qui, une fois la belle saison arrivée, grouillait de touristes du nord de l’Europe, en transit vers la côte. Et c’est là que nous avions fait connaissance avec Elke et Kirsten, deux jeunes allemandes en voyage avec leurs parents respectifs et ravies de goûter un peu aux saveurs locales…

Gerhard Richter Zwei Liebespaar 1966 Huile sur toile Collection particulière

Gerhard Richter
Zwei Liebespaar
1966
Huile sur toile
Collection particulière

Allongés dans l’herbe au bord de la rivière, nous profitions du soleil. Leurs peaux encore blanches avaient soif de couleurs. Quant à notre appétit, il grandissait à mesure de leurs baisers fougueux. Les deux filles n’étaient pas farouches.

Les mains de Kirsten se baladaient partout sur mon corps y compris sur mon sexe tendu dans mon petit maillot de bain. Je jetais de temps en temps un coup d’œil à Pierre et Elke qui n’étaient pas en reste. J’ai même été surpris de voir que Elke avait ôté le haut. Elle avait du s’en apercevoir mais sans aucune gêne, elle m’avait regardé dans le blanc des yeux, par dessus l’épaule de Pierre, d’un regard troublant et équivoque.

La situation était en effet très excitante. Puis tout s’est enchainé, naturellement. J’ai commencé à déshabiller Kirsten, à embrasser tout son corps pendant que Pierre faisait de même avec Elke. Couchés à quelques centimètres les uns des autres, nos peaux se frôlant même par moment, nous avons fait l’amour, tous les quatre…

Je n’ai plus jamais vécu à nouveau une telle expérience mais je garderai toujours en mémoire ce sentiment de plénitude et de liberté, que j’ai eu lorsque, faisant l’amour à l’une, j’ai joui dans le regard de l’autre.