Le fil conducteur du travail de Joseph Beuys est un accident d’avion qu’il a vécu lors de la 2de guerre mondiale. Il raconte que, recueilli par des nomades tartares, il est revenu à la vie en ayant été nourri de miel, recouvert de graisse et enroulé dans des couvertures de feutre.

J’étais en vacances à Paris. Grande amatrice d’art, je voulais visiter un maximum de musée. C’était au mois d’août et je dois bien reconnaitre que la fraicheur de la climatisation de ces lieux ne faisait que m’encourager dans cet objectif.

Joseph Beuys érotique

Joseph Beuys
Plight
Installation / 1985
Centre Pompidou

Le Centre Pompidou était bondé en cette chaude soirée d’été. J’aime aussi beaucoup regarder les gens dans les musées, c’est toujours très instructif. Je restais captivée par les réactions des gens devant l’œuvre de Joseph Beuys. Personne n’y était indifférent et parmi ce petit monde, je remarquais le gardien, assis sur sa chaise, qui s’amusait également des réactions du public.

Le temps passait, sans que je ne m’en aperçoive, puis le lieu a commencé à se vider peu à peu, dévoilant progressivement ma présence insistante. C’est alors qu’il m’a remarquée….

La climatisation s’est coupée et il a quitté sa chaise pour orienter les visiteurs vers la sortie. Lorsqu’il est arrivé à mon niveau, j’ai senti mon cœur battre la chamade, bizarrement… Il m’a dit « Reste ici et attends-moi ».

Quelques minutes plus tard, le lieu était désert, quand j’ai entendu les pas de mon gardien. Il a pris ma main et m’a entrainé dans l’installation. Il y faisait chaud et une odeur forte, assez indéfinissable, presque animale, y régnait. Il m’a plaquée contre le feutre pour m’embrasser. Le contact de cette matière contre ma peau réveillait quelque chose de primaire en moi. J’ai eu soudain très très envie de lui. Je retirais mon t-shirt, puis le sien et m’allongeais au sol. Il ne s’est pas fait prier pour soulever ma jupe et contourner ma culotte pour enfoncer sa verge en moi. Ma tête cognait contre le feutre sous ses coups de rein. J’avais chaud, mais chaud, j’avais du mal a trouver de l’air dans cette alcôve confinée. Et je voyais, par en dessous, ce piano silencieux qui rendait la scène si étrange.

Il continuait à aller et venir en moi et ses râles étouffés par l’épais tissus m’enveloppaient, me faisant complètement perdre la tête. Bientôt mes soupirs accompagnèrent les siens. Nous étions seuls, protégés par cette gangue de feutre et cette chaleur harassante, ne nous connaissant même pas, et prenant du plaisir ensemble. Un moment vraiment étrange. L’art ne m’avait jamais autant passionnée.