Fameuse scène de genre érotique Le Verrou est une oeuvre dans laquelle Fragonard se pose en maitre. Un homme et une femme s’étreignent devant un lit défait. Le jeune homme tend son bras pour fermer un verrou…

– Je n’en pouvais plus ! Tu m’as trop manqué ! Tes visites sont trop rares, alors je suis venu jusqu’à toi
– Mais tu es fou, on pourrait nous surprendre !

Le Verrou Fragonard érotique

Jean-Honoré Fragonard
peint vers 1778
Huile sur toile 73 x 93 cm
Musée du Louvre, Paris

Ainsi aurait pu commencer cette scène, lorsqu’ il s’empare de sa douce et l’entraîne dans la chambre. Elle, troublée, folle de joie et de désir, se laisse emporter. La femme de chambre les a-t-elle entendu ? Son mari pourrait rentrer d’un moment à l’autre, mais qu’importe. Le souffle court, le cœur battant, ils s’enfoncent dans l’intimité de la chambre, comme vers un point de non-retour. Le jeune homme referme la porte derrière eux, comme pour protéger leur étreinte, et dans un dernier geste de lucidité tend son bras pour fermer le verrou. La main de la belle accompagne ce geste, sans savoir si c’est pour l’en empêcher ou pour le confirmer. Elle ne sait plus quoi faire, son désir est trop fort, elle se laisse aller….

i, la tient fermement par la taille, son corps tout contre elle. La robe froufroutante de la belle est prête à remonter sur ses cuisses. Le lit offert tel un écrin, les draps en vrac, la tenture rouge qui entoure la tête de lit invite le couple à s’y installer. Les pieds encore nus, elle est à peine coiffée, la surprise a été totale.

Ou peut-être est-il un valet de chambre ?
Ainsi la dissimulation de leur idylle serait encore plus aisée. Tous deux dans la chambre, au lever de Madame, qui n’a pas eu le temps ni de s’habiller, ni de refaire son lit… Reste le verrou… Protection oui, mais preuve de l’adultère aussi…
Le jeune homme a commencé à se dévêtir. Sa chemise est débraillée et son caleçon moule délicieusement ses fesses dont le mouvement suggéré atteste du désir qui le brûle.

– Oh, madame, je n’en peux plus, vous êtes si belle, votre peau est si parfumée, j’ai envie de vous, je sais que vous en brûler aussi…
– Mais vous n’y pensez pas jeune homme, une dame de mon rang, avec un valet de chambre ! , n’osant avouer qu’elle fantasme depuis des mois, sur ce jeune postérieur. Devant tant de fougue, elle baisse la garde et se dit que pour une fois…
Le fruit défendu est posé sur la table de nuit, témoin du plaisir charnel qui va avoir lieu. Mûr, juteux, comme la femme qui se donne à son amant. Sa peau est chaude et sucrée, ses yeux sont mi-clos et ses lèvres se gonflent, le plaisir est proche. Elle sent durcir le sexe du jeune homme contre sa cuisse et s’abandonne. Il détrousse sa robe, elle est nue en-dessous, il la bascule sur le lit et la pénètre ardemment jusqu’à l’extase…

Après l’étreinte, Madame, ordonne fermement au valet de se rhabiller et de quitter sa chambre. Dans un sourire, elle lui caresse les fesses avant d’ouvrir le verrou et de laisser s’envoler son amant. Les joues roses, elle court ouvrir la fenêtre et respirer l’air pur de ce début de journée.