Femmes dominatrices et hommes soumis : sous les énormes fesses de ces dames suffoquent avec douleur et plaisir des petits bonshommes réduits au silence. Imagerie SM et pin-ups nippones, érotisme burlesque et perversité, le dessinateur Namio Harukawa nous livre ses fantasmes.

Dans l’univers fétichiste du japonais Namio Harukawa, les femmes sont des dominatrices toutes puissantes. Par leur prestance, leur corps magnifiquement imposant et leur autorité naturelle, elles assujettissent les hommes en les réduisant en siège obéissant. Le rapport de force unilatéral qui règne dans les dessins de l’artiste, rappelle immanquablement une certaine réplique culte du cinéma, que pourrait prononcer l’une de ces femmes en la détournant : « Ici, le monde se divise en deux catégories, il y a celles qui s’assoient et ceux qui lèchent. Toi, tu lèches. »

Namio Harukawa facesitting

quels culs ! ronds, pleins, charnus,
ils sont tout simplement splendides

Des courbes appétissantes

Les femmes, elles sont belles, rondes, plantureuses, à en décomplexer plus d’une. Les hanches sont larges, les cuisses grassouillettes, les poitrines gigantesques et les culs ! Quels culs !

Ronds, pleins, charnus, ils sont tout simplement splendides. Le travail au crayon d’Harukawa accentue les courbes des dames dans des dégradés de gris maitrisés, jouant des ombres et des lumières. Les dessinateurs en herbe apprennent cette technique en dessinant des pommes. Chez Harukawa, les fesses rondes, sont comme des fruits bien mûrs qui envahissent le dessin, c’est la pièce maitresse, l’objet du fantasme.

Non sans un certain humour – décalé bien-sûr – l’artiste met en scène des situations du quotidien. Tantôt accoudée au bar, discutant avec une amie à la maison, au téléphone, lisant un livre ou se maquillant, la dominatrice au derrière XXL profite du visage de l’homme à loisir. Contraint par des liens rappelant le bondage, menotté, harnaché dans des dispositifs spécialement conçus pour le plaisir de Madame ou tout simplement passif, l’homme se cantonne à son rôle de siège léchant. L’humiliant de son air dédaigneux et hautain, elle s’assoit de tout son poids sur le visage du soumis, l’étouffant dans ses chairs les plus intimes.

Harukawa smothering

Cette pratique sado-masochiste, appelée face-sitting ou smothering fait aujourd’hui de nombreux adeptes aussi bien au Japon qu’ailleurs. Il existe même des sites entiers consacrés à cette spécialité (voir encadré).

Harukawa ou l’homme-objet

L’anatomie du siège est parfaite. Les joues sont chaudes, le nez saillant, la bouche douce et humide, la langue vibrante, les conditions optimales de plaisir sont réunies pour ces sex-toys vivants. Comment ne pas en profiter ?

L’homme, quant à lui, est représenté plus petit que la femme, se faisant presque oublier entre ses fesses. Fantasme suprême, l’homme soumis, ici dans un jeu sexuel, contraint mais volontaire (en général) prend un pied monstrueux. Il n’a qu’un seul désir, celui qu’elle lui écrase le visage de ses énormes fesses pour pouvoir profiter du gout et de l’odeur de son charmant postérieur. Quel homme ne s’est pas dit une fois en voyant un cul : j’aimerais tellement être dans son slip…, lui bouffer le cul…  » . Dans les dessins d’Harukawa, l’homme est discret, voire inexistant, il est souvent exactement à la bonne taille et au bon endroit, révélant le fantasme de soumission de l’artiste. Pour lui, c’est « the place to be ».

Facesitting et smothering

Dans l’univers du porno, la domination féminine a le vent en poupe. Et facesitting (s’assoir sur un visage) et smothering (étouffement) attirent des hommes de plus en plus nombreux, fascinés par ces pratiques. Des sites entiers leur sont ainsi consacrés.

>>> Pure Smothering
>>> Amateur Smothering

Attention quand même, il s’agit là d’un véritable jeu sado-maso duquel la souffrance physique des soumis est une part constituante. Rouges et crispés, (qui sait depuis combien d’heures la belle est assise sur leur visage), les hommes sont « maltraités » par des femmes qui ne leur laissent guère de possibilité de respirer. Et à l’anoxie s’ajoute aussi parfois d’autres traitements cruels comme le fouet, les claques, l’humiliation, l’urolagnie (pratique qui consiste à faire boire son urine)… Tout ça dans un calme apparent, une maitrise totale.

dominatrices

On ne sait presque rien de cet artiste, né vraisemblablement dans les années 30 ou 40, peut-être mort (vu sur internet) mais la multitude de dessins qu’il a exécuté révèle de fait ses intérêts et penchants. Connu dans les milieux SM et spécialement celui des femdom, ses dessins sont devenus cultes. Entre drôles et cruels, on s’amuse des situations loufoques et ingénieuses dans lesquelles se retrouvent les personnages, sans honte, ni malaise car après tout, ici tout est consenti.