Le nu masculin s’expose à Paris cet automne. Quelle bonne nouvelle ! Apres l’exposition « Nakte Männer » présentée au Leopold Museum de Vienne en 2012, le musée d’Orsay réunit tout ce qu’il a de plus couillu dans des œuvres de 1800 à nos jours et ce, dans tous les domaines (peinture, photo, sculpture). A ne pas manquer.

Ah ben quand même ! Comment n’y avoir pas pensé plus tôt ? Les femmes toujours les femmes… Alors, c’est vrai, c’est joli une femme nue mais bon, quelle bonne idée de rassembler pour une fois des œuvres rendant hommage à la beauté des corps masculins nus.

nu masculin : Cézanne baigneurs

Paul Cézanne – Baigneurs
vers 1890 – huile sur toile

Ben ouais quoi, vive le changement, on veut des muscles, des poils, des pectoraux saillants et des fesses en béton…

Nu féminin vs nu masculin

Du 24 septembre au 2 janvier 2014, le musée d’Orsay nous a concocté un petit florilège de ce dont regorgeaient ses réserves en matière de mecs à poil. Photos, peintures, sculptures… de l’ancien comme du contemporain, tout cela savamment orchestré pour faire partager au visiteur l’importance de ce corps masculin dans l’histoire de l’art. Importance trop souvent effacée par « l’omniprésence » des corps féminins.

pierre et gilles Mercure

Masculin / Masculin
L’homme nu dans l’art
de 1800 à nos jours.

du 24.09.2013 02.01.14
Musée d’Orsay à Paris

illust. : Pierre & Gilles, Mercure,
Galerie Jérôme de Noirmont, Paris

Omniprésence, ou plutôt prévalence : la femme nue dévoile quelque chose de plus intime, on a donc plus d’intérêt à regarder ce qu’habituellement elle nous cache, principalement ses seins, ses fesses et son sexe.

L’homme, quant à lui, est toute la journée le torse nu alors en photo ou en peinture, rien de bien époustouflant, sauf peut-être quand il dévoile son pénis (hors période grecque ou grecquisante parce que là encore une fois, c’est classique, sans mauvais jeu de mots…). L’appareil génital masculin en art, ça c’est de l’exclu ! (voir notre article le sexe masculin en art)

L’anatomie masculine en étude

Non plus sérieusement, l’histoire de l’art foisonne de représentations de nus masculins tout simplement parce qu’il a longtemps été un sujet d’étude central dans la formation académique des artistes du 17ème au 19ème siècle.

Jean Delville - l'école de Platon

Jean Delville – L’Ecole de Platon
1898 – huile sur toile

A la simple étude de l’anatomie humaine au sens large, proportions, postures, et attitudes s’ajoute l’étude plus poussée de ces muscles noueux qui contrastent avec les courbes lisses du corps des femmes. Etait-ce plus facile de poser nu pour une homme ? C’est une question qu’on pourrait se poser….

La beauté du corps hors des canons esthétiques

Le musée a fait le choix d’offrir un parcours plus thématique que chronologique. Parce qu’autant la femme nue est, la plupart du temps, représentée belle, voire érotique, autant avec le corps de l’homme, la représentation classique de l’homme nu héroïque laisse peu à peu la place à celle du corps meurtri par la douleur dans des œuvres plus contemporaines.

Et puis, il y a aussi des œuvres plus ambigües où la pudeur laisse place à une forme d’exhibition. L’érotisme de toutes ces chairs dévoilées devient flagrant. L’aspect sexuel, l’homosexualité parfois, tout ce qui fait le corps avec ses souffrances et ses envies, un être de chair et de sang.