La France est la pays de la gaudriole et du fameux french-kiss, dit-on. A croire que les Français sont des êtres particulièrement coquins. C’est vrai qu’à se promener dans le Paris érotique et culturel, on peut se demander si nous ne sommes pas tous des obsédés sexuels.

L’été sera chaud, vous en êtes certains. Que vous ayez déjà concocté quelque visite de club sur votre lieu de villégiature, programmé un crochet par le Cap d’Agde ou le domaine Saint-Jean-des-Sources, ou tout simplement prévu quelques galipettes au soleil avec votre moitié, les vacances d’été ont toujours été, depuis 1936, le rendez-vous des coquineries.

Bacchanale de Jules Dalou

Et si, sans se départir d’un esprit libertin qui caractérise ce magazine, l’on profitait de la pause estivale pour bronzer cultivé ? Ah, si vous saviez les merveilles d’érotisme et de grivoiserie que recèle notre beau pays ! Un petit tour dans la France coquine, ça vous dirait ?

1ère partie : Paris érotique

De l’art et du cochon

Il fait beau, il fait chaud, pas envie de s’aventurer dans un musée ? Vous allez peut-être changer d’avis en parcourant l’excellent ouvrage collectif de passionnés d’art qui sont aussi d’incorrigibles adeptes d’Eros : le guide érotique du Louvre et du Musée d’Orsay vous plonge dans les méandres pornographiques et les pensées impures des plus grands artistes. A la façon d’un œil érotique, à vous les plus grands musées parisiens transformés en peep-show géants.

Paris érotique : l'hermaphrodite endormi

une promenade qui vous plonge dans les pensées impures des plus grands artistes

On connaît bien sûr les fesses de Sardanapale, les petits seins de la Vénus de Milo ou la partouze champêtre du Déjeuner sur l’Herbe, mais bien chefs-d’œuvre sensuels ou fripons restent à découvrir dans les deux musées parisiens.

Ainsi de L’Hermaphrodite endormi (ci-dessus), une œuvre étrange et troublante de l’époque impériale romaine (IIème siècle) pour laquelle Le Bernin a confectionné un doux matelas où reposer des formes transsexuelles. A voir également : le pincé de téton de Gabrielle d’Estrées, le voluptueux Bain Turc d’Ingres, ou la fameuse Origine du Monde…

La bandaison de Victor Noir

Vous restez à Paris ou vous profitez des congés pour visiter la capitale, profitez-en pour faire un tour au cimetière du Père Lachaise. Pas très sexy, me direz-vous ?

Mais sachez que, non loin du Mur des Fédérés ou de la tombe de Jim Morrison, se trouve une tombe qui en a fait fantasmer plus d’une : celle de Victor Noir, un journaliste assassiné par le cousin de Napoléon III et qui trouva la mort dans une disposition « d’esprit » pour le moins étonnante.

tombe de Victor Noir

Et c’est avec une superbe érection que Jules Dalou, l’artiste chargé de faire le gisant ornant la pierre tombale, représenta le nouveau symbole du républicanisme.

Pendant de longues années (il est aujourd’hui interdit de toucher l’œuvre) des messes érotiques ont été célébrées clandestinement pour que les femmes puissent se frotter comme il se doit sur la virilité du gisant, espérant favoriser libido ou fertilité.

Coquin ce Dalou ? Sans doute, à en croire le haut-relief de sa facture qui orne les Jardins des serres d’Auteuil : une Bacchanale (en haut de page) à faire rougir les plus coquins de nos lecteurs.

le mois prochain : promenade culturelle dans la France érotique