On aura beaucoup représenté le corps des femmes. De leurs courbes parfaites et appétissantes jusqu’à leur entrecuisse. Mais qu’en est-il des hommes ? Le sexe masculin en art est-il plus ou moins vilain que celui des femmes ?

Qu’il soit symbole de puissance, de guerre ou plus discret, plus intime, sa représentation est bizarrement toujours plus choquante que celle du sexe féminin. Par rapport à un pubis chaste voire à peine fendu, un pénis, même au repos, est un organe externe qui est tout de suite perçu comme plus – comment pourrait-on dire ? – intrusif.

L’art d’avoir des couilles : le sexe masculin en art

Aussi nous semblait-il amusant de vous proposer un échantillon des représentations de cet objet du désir au fil de l’histoire de l’art. Morceaux choisis.

Constantin Brancusi – Princess X

Outre son titre qui sonne légèrement pornographique, cette sculpture de Brancusi est plus que suggestive. Etait-ce volontaire ou non ? Je doute que l’artiste ne se soit pas aperçu qu’il était en train de créer un superbe phallus bien dur et bien lisse. Son explication aurait plutôt été tournée vers la représentation de l’essence androgyne de la femme…

sexe masculin en art - Constantin Brancusi -Princess X

Constantin Brancusi -Princess X
1915-16 – bronze

Toujours est-il que l’œuvre classée abstraite a su provoquer le scandale au Salon des Indépendants en 1920. Les gens ont vraiment l’esprit mal tourné…

Michel Ange – David

Il mesure 4,34m. Et 5,14 m avec son socle. Mais non, je parle de l’ensemble, pas uniquement de son sexe bien sûr ! L’imposante statue du héros a été réalisée dans un bloc de marbre de Carrare qui avait été laissé de côté par plusieurs sculpteurs parce qu’il était trop fin et présentait beaucoup de défauts, notamment une brèche dont Michel Ange se servit pour former l’espace entre le torse et le bras droit.

sexe masculin en art - Michel Ange - David

Michel Ange – David
1501-1504 – marbre
Galleria dell’Accademia de Florence

Son sexe est tout à fait remarquable : bien dessiné, bien symétrique, de belles bourses sur lesquelles repose une verge sans fioritures, le tout surplombé d’une petite touffe à l’échancrure bikini. Il est trop mignon.

Orlan – L’origine de la guerre

La référence est plus qu’explicite. L’origine du monde de Courbet en version masculine. Formellement, Orlan respecte un parfait mimétisme, gardant même la pose légèrement lascive et une certaine pudeur avec le drap recouvrant le haut du corps.

sexe masculin en art - Orlan - L'origine de la guerre

Orlan – L’origine de la guerre
1989 – huile sur toile

Pour le reste, la vision du sexe érigé, saillant, décalotté et velu reflète une vision très crue et brutale de la virilité. De là à suggérer que le sexe féminin serait la vie et le sexe masculin, la mort, cela semble un peu radical. Et c’est bien volontaire de la part de l’artiste.

Wim Delvoye – Dick 2

Ah la provoc’, toujours la provoc’… Chez l’artiste belge, l’outrance n’est jamais loin. On le connait pour ses tatouages sur des cochons, pour Cloaca, la machine digestive (jusqu’au bout.., si ! si ! c’est vrai !) et pour ses vitraux d’un style très contemporain. Ici, il s’amuse à créer des images à partir de radiographies.

sexe masculin en art - Wim Delvoye - Dick 2

Wim Delvoye – Dick 2
2001 – C print / Photographie couleur

Le résultat est assez graphique, pas très très érotique pour le coup mais plutôt intéressant d’un point de vue anatomique. Une belle verge tendue, fut-elle en noir et blanc, suffit à provoquer l’émoi.

Hermaphrodite endormi

La dernière et non des moindre : mais à qui est donc ce joli petit derrière qui dort dans une salle du Louvre ? Mademoiselle ? Vous vous êtes assoupie…. Oh pardon, je n’avais pas vu que… Oh my god ! Mais c’est une stouquette !

sexe masculin en art - Hermaphrodite endormi

Hermaphrodite endormi
Oeuvre romaine d’époque impériale
IIe siècle après J.-C. – Marbre – Musée du Louvre

Hé oui Messieurs, Dames, la jeune dame est un monsieur ou pas exactement, ce serait plutôt tout simplement un transsexuel. Ici, le zizi n’a pas d’autres aspects remarquables en dehors d’être, disons, inattendu.