Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, parait-il… Dès lors, comment le sexe peut-il être raciste ? Comment pourrait-il échapper à la vague d’intolérance qui submerge parfois nos sociétés. Quand érotisme et essentialisme s’entrechoquent…

Il y a en a qui fantasment sur les rousses. D’autres qui préfèrent les grands blonds aux yeux bleus, et d’autres encore qui ne se voient pas pratiquer le sexe avec des asiatiques, des blancs ou de noirs. Raciste, le sexe. Non, évidemment, en tout cas pas de prime abord. Chacun-e ses goûts, c’est bien là la moindre des choses. Et pourtant, parfois le rapport au sexe – et l’idée qu’on s’en fait chez les autres – tourne parfois à l’essentialisme.

Ce que nous avait dit un gars des colonies

Il parait qu’il ne faut plus parler d’islamophobie. Mais de racisme envers les musulmans. Soit. Toujours est-il qu’en matière de sexe, les clichés charriés sur l’islam, le monde arabe et maghrébin en particulier, sont difficiles à évacuer. Ainsi, après un article sur le FN et le libertinage, nous avons pu lire, sur FB, Twitter et dans les commentaires nombre d’avis de gens charmants au demeurant affirmant que le danger pour la liberté sexuelle venait d’abord de l’islamisme et, partant, de « l’islamisation de la société français (sic). Ainsi, les sondeurs nous disent que de plus en plus de gays votent pour l’extrême-droite contre l’intolérance sexuelle supposée des « immigrés ».

Cliché. Pour preuve, le regard que nous, occidentaux, portions sur le Maghreb et ses mœurs sexuelles du temps des colonies. Pas d’islam envahissant, alors, pas de puritanisme typiquement maghrébin, les clichés étaient tout autres, tout aussi faux, bien entendu, mais très différents d’aujourd’hui.

jeune kabyle

jeune mauresque

Le site Delcampe présente ainsi toute une catégorie de cartes postales anciennes dédiée au nu ethnique maghrébin. On y voit une jeune kabyle, seins nus, une jeune mauresque, lascive, etc… Bref, rien à voir avec les idées préconçues de certains sur le puritanisme musulman. A l’époque, les colonies étaient le prétexte choisi pour montrer des fesses et des nichons.

Comme quoi, en matière de sexe, les clichés racistes sont variables.

Libertine cherche black TTBM

Un cliché qui ne varie pas, quant à lui, c’est celui de l’homme noir, forcément bien membré. Croyez-en ma petite expérience libertine, cette réputation est pour le moins surfaite, pour parler juste de la réalité. Et pourtant, elle prospère, y compris dans le milieu libertin. Entendons-nous bien : je n’ai rien contre le fait qu’une femme, blanche ou non, ait un goût érotique et esthétique qui la porte vers les amants noirs. Blonds, bruns, noirs, grands, petits, arabes, ce ne sont là que des traits physiques qui plaisent (ou déplaisent) selon chacune.

amants blacks

Coquinette et ses amant blacks

Ce qui est plus gênant, ce sont les clichés qui accompagnent parfois ces recherches. Un amant droit, viril, endurant, bien membré, bref, « bestial »… Vous voyez où je veux en venir.

Clichés racistes et abus

Revenons une seconde aux clichés sur les maghrébins et maghrébines. Je me souviens très bien, il y a cela relativement peu de temps, d’une discussion avec un vieux cochon parti au Maroc pour faire du tourisme… et qui s’était tapé une jeune prostituée qui, de son propre aveu, ne devait même pas être majeure. Sa justification « tu sais, dans ces pays-là, ils ne pensent pas comme nous, ils font ça plus librement ». Le même prétend aujourd’hui que la population maghrébine de France est un danger pour sa liberté sexuelle.

C’est d’ailleurs l’argument colonialiste de tous les touristes sexuels qui vont abuser de jeunes filles ou jeunes garçons en Thaïlande. Culturaliste, essentialiste, raciste. Comme si nous n’appartenions pas, finalement, à la même humanité. Ah, l’Orient sensuel ! Le kamasutra indien, les estampes japonaises ou comment oublier un peu vite que ces sociétés aussi, ont leurs accès de pudibonderie.

A travers le monde, les couleurs de peau, les religions, les individus pensent et baisent selon leur propre conscience. C’est aussi simple que ça.