C’est le mois de mars et tout ce que l’Amérique du Nord compte d’étudiants et d’étudiantes attend avec impatience la pause de printemps, le fameux SpringBreak, semaine durant laquelle nombre d’entre eux se rend sur les plages mexicaines pour se murger à la bière et vomir les conventions puritaines.

Un raz-de-marée. Un déferlement d’hormones estudiantines sur les plages et dans les boites de nuit de Floride, du Mexique ou de Louisiane. Que ce soit à Miami, Cancun, New-Orleans ou Fort-Lauderdale, les hôteliers et autres professionnels de la nuit se préparent depuis un moment déjà à l’arrivée de la jeunesse dorée des Colleges (universités) américaines, venue faire, loin du regard de leurs parents, tout ce que les valeurs traditionnelles leur interdisent durant l’année.

springreabk flashing

« ce sont surtout les plus pudibondes
qui ont vraiment pété un plomb »

Le défouloir de l’Amérique puritaine

Ne nous y trompons pas, SpringBreak concerne essentiellement une certaine jeunesse, la plus aisée et pas la plus marquée par la révolution conservatrice des Reagan, Bush ou Palin. Mais tout de même. Sexe, alcool, et musique bruyante : pas toujours de bon ton au pays de l’Oncle Sam.

Et nos étudiants s’en donnent à cœur joie, dans un éclatement des normes sociales qui n’a aucun équivalent – jusqu’à présent – en Europe. Une étudiante française rapporte : « ça en devient même parfois effrayant. Des copines, sincères dans leur engagement conservateur, ont participé à des partouzes gigantesques. Cela ne comptait pas, c’était SpringBreak », c’est comme si elles étaient sorties du monde réel, « elles en oubliaient leur anneau de vertu, qui les engage à rester vierges jusqu’au mariage ».

Springbreak, un monde à part

Spring Break, c’est un autre réseau de traditions. Et puisqu’on est on est loin de chez soi – idéalement au Mexique – c’est le moment de se lâcher. Dans certains états américains, la vente d’alcool est interdite aux mineurs de moins de 21 ans. A Cancun, les hôteliers proposent des formules hébergement + murge tout compris.

Alors forcément, deux ou trois éléments de pudeur volent en éclat. « On n’imagine pas le nombre d’étudiantes qui se font dépuceler (il n’y a pas d’autre mot) pendant la pause de printemps. Je connais des filles fans de Sarah Palin qui étaient toutes fières d’arborer leur collection de colliers ».

Spinrgbreak

Les colliers. Vendus exclusivement aux garçons, ces bijoux criards et sans valeur sont les objets de troc, notamment pour le « tit flashing » : tu montres tes seins, tu reçois un collier. Et certaines ont l’échine qui plie sous la masse de colliers après quelques jours, et pas forcément les moins sages. « Certaines copines plutôt délurées habituellement se sont plutôt bien tenues, ce sont surtout les plus pudibondes qui ont pété un plomb ».

Alors, évidemment, dans les rues de la Nouvelle-Orléans, où le traditionnel Mardi-Gras (prononcez mawdi gwas) est devenu l’un des supports de ce grand défouloir, les colliers s’échangent contre d’autres gages. A Bourbon-Street, on peut recevoir 3 colliers chacune pour un baiser langoureux entre filles ou pour des faveurs sexuelles. Ce qui tombe bien, puisque beaucoup de filles sont là aussi pour oublier pendant une semaine qu’elles sont des « filles qui se respectent ».

Récupération mercantile

Effet de groupe, alcoolisation massive, entraînement, les filles perdent la tête et certaines se réservent des lendemains qui déchantent. D’autant plus qu’au pays du dollar roi, certains petits malins ont vite vu la poule aux œufs d’or que représentait cette masse de filles prêtes à lâcher la bride. Le très fameux Girls Gone Wild (les filles deviennent sauvages) propose un t-shirt gratuit contre un mini strip-tease ou même contre une première expérience lesbienne, filmée évidemment.

springbreak t-shirts mouillés

on se lâche aussi dans des concours de t-shirt mouillés

On se lâche aussi dans des concours de t-shirt mouillés, au cours desquels, pour une bouteille de champagne, on prouve à l’assemblée qu’on est suffisamment imbibée pour tout montrer : au départ une poitrine dévoilée par l’eau, puis un téton, un cul, une chatte, des caresses entre filles… La gagnante est la plus jolie parmi les moins pudiques.

En oubliant au passage, que le Mexique n’est pas précisément le pays le plus libéré sexuellement de la planète. Mais qu’importe, la chape de plomb puritaine est si loin, maintenant, il faut bien vivre. Quitte à aller tout à coup trop loin, trop vite, trop fort.

A croire que nos idées libertines ne sont peut être pas moins valables que les valeurs traditionnelles.