On ne sait pas si vous avez remarqué, mais nous, si. Le cul a comme disparu de nos écrans de télé. Plus un nichon baladeur dans la pub, plus une fesse, même pour vanter un gel douche. Alors, la télé sexy est-elle morte ? le sexe persona non grata à la télévision française ?

Ah ! La pub Tahiti Douche où de belles vahinés et de beaux éphèbes profitaient d’une averse pour se déshabiller entièrement et se frotter les uns les autres… Le chemisier mouillé et transparent de la buveuse de Tropico. Le cul fait vendre, c’est une chose certaine. Ou plutôt, le cul faisait vendre, car aujourd’hui, à bien y regarder, même les publicités qui pourraient sans honte glisser un tant soit peu d’érotisme (lingerie, produits de douche, préservatifs) renâclent à montrer un peu de chair dévêtue.

télé sexy : émissions coquines Sexy Zap

Le sexe a déserté la télé française. Il ne nous guère que le Journal du Hard.

Exit aussi, les émissions coquines et doucement érotiques de la télévision française. Exit les Sexy Zap, Méfiez-vous des Blondes, exit la Playmate du samedi soir de Collaro Show. Et si la télé française était devenue puritaine ? Le sexe n’est-il plus aussi vendeur qu’autrefois ?

Télé sexy : souvenirs, souvenirs

Dans les années 80 – et même 90 – la télé était encore un peu créative. Et bénéficiait d’une certaine liberté de ton, entre beauf-attitude et réelle volonté de bousculer les choses.

En 1986-87, à 22h, le service public proposait une émission très libérée, Sexy Folies, où l’on demandait, par exemple, à des passantes si elles acceptaient de montrer leur poitrine à la caméra ou à des petites amies de reconnaître le torse nu de leur bien-aimé avec les yeux bandés. On y parlait de cul avec finesse, humour et talent.

Et puis, il y eut internet. Et la profusion de porno accessible à tous, à n’importe quelle heure. Est-ce là qu’il faut chercher l’explication de la disparition du sexe du petit écran ? Pas si sûr. Car entretemps, les ligues de vertu ont pris du grade. Et surtout, elles se sont alliées à un certain féminisme, sûr que de telles émissions, de telles pubs, dégradaient l’image de la femme.

Quoi qu’il en soit, le problème reste bien là. Là où des trentenaires se souviennent émus du petit derrière de la playmate de Collaro, ou des coquineries d’Amanda Lear, le préadolescent d’aujourd’hui doit chercher sur le net sa part de rêve. Là où l’attendent gonzo et sites « nichés » extrêmes.

No sex last night

Le sexe a déserté la télé française. Il nous reste bien le Journal du Hard – en crypté – et quelques coquineries ici ou là. Certes, les séries télé parlent de plus en plus librement de sexe, mais sans jamais rien montrer – NipTuck, SwingTown, Desperate Housewives – certes, la TNT a remis à la mode (faute de moyen, sans doute) les navets érotisants qui ont fait les beaux jours de M6.

télé sexy : pub Tahiti DOuche

La pub Tahiti Douche où de belles vahinés et de beaux éphèbes profitaient d’une averse pour se déshabiller entièrement et se frotter les uns les autres…

Mais le voyeurisme est désormais l’apanage de la télé-réalité et des reportages prétextes. Car là oui, il y a du monde. Quand il s’agit de tourner des reportages « sérieux » sur le malaise de l’industrie du porno, sur la vie réelle des prostituées, sur le tourisme sexuel ou sur la soi-disant mode de l’échangisme, les chaînes se réveillent : on ne compte plus les grandes enquêtes documentées sur les puti-bars de Catalogne.

Le sexe à la télé, c’est glauque, c’est sordide, bref, c’est triste. Ce sont deux chirurgiens esthétiques englués dans leur égocentrisme, ce sont des femmes exploitées et malmenées, ce sont des couples en perdition (forcément en perdition) dans des lieux de débauche.

Le sexe ne fait plus vendre, non. Le sexe fait pleurer.