Première étape de nos voyages érotiques et culturels à travers les curiosités du monde, les temples érotiques de Khajurâho, aux sculptures religieuses incroyables et incomparables, s’élèvent en Inde, dans l’état du Madhya Pradesh.

Imaginez un peu. La stupéfaction des explorateurs coloniaux de la très puritaine Angleterre tombant nez à nez, au milieu de la jungle indienne, en cette année 1840, avec la vingtaine de temples restant des constructions de la dynastie des Chandella.

temples érotiques indiens

des fresques érotiques parfaitement conservées
toutes plus explicites les unes que les autres
temple Kandariya Mahadev

Construits entre 950 et 1050 par ces rois très inspirés par le tantrisme, les temples abritent une collection impressionnante de sculptures érotiques, représentant aussi bien la vie quotidienne des mortels de l’époque que la vie – très sexuelle – des divinités.

Architecture et érotisme

La première chose qui frappe en approchant chacun des temples de Khajurâho, c’est la richesse architecturale de ceux-ci. Mais, qu’on ne s’y trompe pas : si les touristes affluent dans la région, c’est pour voir de leurs propres yeux ce qui fait la réputation sulfureuse des monuments : des fresques érotiques parfaitement bien conservées, toutes plus explicites les unes que les autres.

Au temple de Lakshman, la statuaire se fait impudique et les robes, qui ne sont que de légers voiles sur le corps des femmes, laissent deviner fesses et poitrines (en haut à droite). Sur la façade du temple de Parshvanath, des jeunes femmes aux formes voluptueuses voisinent avec des scènes mythologiques, Shiva n’hésite pas à prendre amoureusement le sein rond de Pārvatī dans sa main gauche (ci-dessous). A Lakshman encore, certaines statues feraient rougir un pornographe occidental. Les éléphants se font voyeurs (ci-dessous), un peu gênés et humoristiques, des couples qui copulent joyeusement.

temples érotiques Khajurâho

temples de Shiva Parvati & Lakshman

A Matangeshwar, le seul des 22 temples à accueillir encore et toujours des activités religieuses, ce sont des scènes de la vie quotidienne qui sont dépeintes dans les frises. Et la sexualité n’en est pas exempte, dans des représentations orgiaques bien loin des chemins de croix de nos églises chrétiennes. Au beau milieu d’une partouze où même un cheval est pris à partie, un personnage, plus prude que les autres se cache mollement les yeux pour ne pas voir.

Sur le temple de Kandariya Mahadev (en bas à gauche), les représentations sexuelles pour le moins acrobatiques font penser au tantrisme, mêlant sexualité et spiritualité. Mais bien malin celui qui saura dire avec certitude le pourquoi de l’érotisme des sculptures de Khajurâho.

Temples érotiques : érotisme et religion

Car oui, les temples de Khajurâho sont d’abord des monuments religieux. De deux religions, d’ailleurs car ici, hindouisme et jaïnisme sont représentés. Khajurâho n’est pas un peep-show à ciel ouvert. Certes, on peut y contempler des scènes d’un érotisme aussi intense que cru, mais le visiteur attentif y trouvera aussi autre chose.

D’abord, parce que l’architecture y est magnifique et représentative de ce qui se faisait de mieux, dans l’art religieux de l’époque. Ensuite, parce que les statues érotiques ne représentent qu’une part des œuvres des vingt-deux temples encore debout.

temples érotiques Inde

temple Lakshman

Bien sûr, l’énigme de l’érotisme des temples de Khajurâho en ont fait la renommée à travers le monde, mais c’est bien face à de véritables chefs-d’œuvre de la statuaire indienne que se retrouvent les touristes, par la lubricité initialement attirés.

Comme quoi le sexe mène à tout, y compris au sublime. mais ça, nous le savions déjà…